Le Pen 2017 : le scénario catastrophe

Election Présidentielle 2012, 2ème tour : François Hollande s’impose confortablement, infligeant à Nicolas Sarkozy la plus sévère défaite qu’ait connue un Président de la Vème République. Ce dernier se retire de la vie politique. Marine Le Pen, omniprésente pendant l’entre-deux tours, pronostique l’explosion de l’UMP et invite la droite française à se reconstruire autour d’elle.

Campagne législative 2012 : Marine Le Pen crée l’Alliance pour le Rassemblement National (ARN) et s’allie avec des transfuges de la droite de l’UMP attirés par le vivier d’électeurs et décomplexés par l’abandon de l’acronyme maudit.  Forte de ce ralliement, elle autoproclame son mouvement « Première force politique d’opposition » en lieu et place de l’UMP.

Elections législatives 2012 : sonnée par la défaite et minée par les querelles internes, l’UMP subit un cinglant revers électorale. L’Assemblée bascule fortement à gauche et la droite est réduite à sa portion congrue, comme une réplique inversée du raz de marée RPR/UDF de 1993. Grâce à des triangulaires bien négociées, l’ARN décroche 25 sièges, assez pour constituer un groupe parlementaire indépendant.

Automne 2012 : incapable de s’entendre sur l’identité d’un nouveau chef et perturbée par les dissidents partis rejoindre le nouveau rassemblement d’extrême droite, l’UMP dissout son mouvement et deux partis indépendants sont créés : le Nouveau Centre autour de Jean-Louis Borloo (auquel finira par s’allier le Modem) et le Mouvement des Gaullistes Modernes (MGM) autour de Jean-François Copé. Les deux partis sont chacun à la tête d’un groupe famélique de 36 députés. L’opposition est désormais divisée en 3 groupes de poids similaire : les centristes, les gaullistes et la droite nationale.

Printemps 2013 : le gouvernement PS, conduit par le Premier Ministre Martine Aubry, doit faire face à la crise tout en s’attaquant à deux réformes clés de son quinquennat, l’éducation et la justice. Bien que nécessaires, ces réformes sont vivement critiquées par chacun des trois groupes de l’opposition. Ces tensions dans l’hémicycle ainsi que les appels incessants des syndicats font descendre les français dans la rue. Marine Le Pen, à la tête du groupe parlementaire ARN, occupe le terrain médiatique en dénonçant systématiquement et arbitrairement toute mesure du gouvernement, mais aussi toute critique émanant du NC et du MGM, au sujet desquels elle ne manque pas de rappeler « qu’ils ont eu leur chance entre 2007 et 2012, pour le même résultat ». Le Chef de l’Etat et le Premier Ministre voient leurs cotes de popularité s’effondrer tout au long de l’année.

Elections municipales 2014 : au plus bas dans les sondages, la gauche aborde deux rendez-vous électoraux cruciaux, les élections municipales et européennes. Attaqué de toute part tout au long de la campagne, le PS encaisse une première défaite en forme d’avertissement et perd Paris, Lyon, Lille, Rennes et Nantes au profit du MGM. Dans 80% des grandes métropoles, le scrutin se joue lors de triangulaires équilibrées entre PS, MGM et ARN et la liste ARN conduite par Louis Aliot remporte la mairie de Marseille.

Elections européennes 2014 : fort de sa dynamique positive et surfant sur la vague d’un populisme systématique, l’ARN parvient à signer un accord électoral avec les grands partis de droite européens, notamment « Le peuple de la liberté » en Italie. Isolé, laissé à l’abandon par ses anciens alliés étrangers, le MGM plafonne à 12.5% au niveau national. L’ARN et le PS sont au coude à coude avec respectivement 23 et 24% des suffrages. Marine Le Pen déclare « Aujourd’hui, plus personne ne peut nier que l’ARN est l’unique alternative crédible au pouvoir socialiste en place ».

Printemps 2015 : vivement chahuté par l’ensemble de l’opposition, menée par l’ARN, sur sa réforme fiscale, le Président Hollande démet Martine Aubry de ses fonctions et nomme Arnaud Montebourg à la tête du nouveau gouvernement. Loin de le faire remonter dans les sondages, ce revirement est vu par les français comme un tour de passe-passe inutile et électoraliste. Marine Le Pen, plus présente que jamais, décrit « un capitaine impuissant et perdu, navigant à vue sur l’océan de la crise mondiale. ».

Automne 2016 : le MGM, au poids médiatique de plus en plus discutable, investit Jean-François Copé à la candidature à l’élection présidentielle de 2017. Jean-Louis Borloo représentera le Nouveau Centre. Marine Le Pen, en campagne depuis plus de 4 ans, est en deuxième position dans les sondages avec 24%, derrière les 26% du Président sortant.

Février 2017 : en chute libre dans les sondages, François Hollande annonce enfin sa candidature à sa réélection. Marine Le Pen, du haut de ses 27% d’intentions de vote, occupe l’espace médiatique via un feu nourri de critiques et de moqueries en direction du Président sortant, incapable selon elle de répondre aux besoins des français en cette période de crise. Elle refuse de débattre avec Jean-François Copé, pourtant crédité de 17% d’intentions de vote, considérant que son rôle de chef de l’opposition n’est plus à démontrer : elle ne débattra qu’avec le Président Hollande. Construisant sa campagne autour de son statut de seule candidate majeure issue d’un mouvement n’ayant jamais eu le pouvoir sous la Vème République, elle observe une forte hausse dans les sondages, notamment auprès des classes moyennes.

Election Présidentielle 2017, 1er tour : l’ARN et sa candidate Marine Le Pen arrivent en tête avec 28% des suffrages exprimés. Au deuxième tour, elle sera opposée au Président Hollande dont les 22% constituent une sévère désillusion. Réveil difficile pour le MGM de Jean-François Copé qui, avec 18% des voix,  reste à quai.

Election Présidentielle 2017, entre-deux tours : Marine Le Pen appelle au rassemblement de toute la droite derrière sa candidature. François Hollande supplie « les partis républicains de mesurer la gravité de l’instant et de s’unir pour faire barrage à l’extrémisme de l’ARN ».  Jean-François Copé, après mure réflexion, appelle à battre le Président sortant « par tous les moyens » pour sortir la France de la crise.

Election Présidentielle 2017, 2ème tour : avec 51.6% des voix contre 48.4% pour son adversaire socialiste, Marine Le Pen devient la 8ème Présidente de la Vème République, et la première femme à accéder à la fonction suprême.

GAME OVER.

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4 réflexions sur “Le Pen 2017 : le scénario catastrophe

  1. C’est crédible jusqu’en 2013.
    1) éducation et justice ne sont pas les réformés-clés.
    2) elles ne donneraient pas lieu à opposition populaire énorme.
    3) vous oubliez l’aspect économique, qui est quand même la clé.
    etc …

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